Le parquet demande le renvoi en correctionnelle dans l’affaire Ikea

Dans l’objectif de mieux contrôler ses salariés et limiter les risques d’apparition de conflits sociaux, Ikea France a utilisé un système de surveillance illégal, pendant de nombreuses années. En 2012, l’affaire concernant les vastes opérations d’espionnage menées par le géant du meuble a été rendue publique et six ans plus tard, après l’enquête judiciaire, le parquet a demandé le renvoi en correctionnelle de quinze personnes.

L’affaire Ikea : vers la tenue d’un procès

Six ans après le début de l’affaire Ikea, le parquet de Versailles a demandé la tenue d’un procès pour collecte illicite de données personnelles et violation du secret professionnel. Il a requis le renvoi en correctionnel de 15 personnes, dont des policiers soupçonnés d’avoir aidé la filiale du géant du meuble, dans la mise en place de son système d’espionnage. Dans un délai de trois mois, le juge d’instruction doit émettre sa décision. Il peut ordonner le renvoi définitif devant le tribunal ou prononcer un non-lieu.

Selon Sofiane Hakiki, l’avocat des syndicats CGT, FO et les salariés victimes de la collecte d’informations illicite, ses clients n’ont pas manqué de déclarer leur satisfaction quant à la position du parquet.

De son côté, Ikea France est resté dans le silence. Son avocat, Emmanuel Daoud, a cependant expliqué que l’enseigne a toujours collaboré avec l’institution judiciaire, depuis le début de la procédure.

Pour la maison-mère, les charges retenues contre la filiale française sont contraires à ses valeurs. Dans un communiqué, elle a déclaré sa volonté de collaborer avec les autorités françaises, pour que la vérité concernant cette affaire soit révélée.

Ikea France : espionnage

Selon les informations divulguées depuis le mois de février 2012, Ikea France aurait élaboré un système de surveillance ciblant entre autres, les salariés dont l’activité syndicale est considérée comme embarrassante.

L’objectif de l’enseigne aurait été de collecter un maximum de données concernant les antécédents judiciaires et l’état de compte en banque de ces salariés. Pour ce faire, elle aurait engagé des policiers disposant d’un accès au STIC.

Outre la collecte d’informations via cette base de données policière, la filiale du géant du meuble aurait embauché des implants, afin d’espionner les employés. D’après les renseignements émanant du dossier, les implants appartiendraient à la société de renseignement privée CSG, déjà impliquée dans une affaire d’espionnage dans une maison de retraite.

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